Cavalier King Charles Blenheim devant une représentation stylisée d'une double hélice d'ADN et d'un cœur, illustrant les recherches génétiques sur la MMVD.

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MMVD du Cavalier King Charles : NEBL non confirmé, deux nouveaux signaux génétiques à l'étude

Une nouvelle étude publiée dans *Animal Genetics* ne confirme pas l'association entre les variants NEBL étudiés et la MMVD chez le Cavalier King Charles. Elle met en évidence deux nouveaux signaux génétiques, dont LMOD2, qui doivent encore être validés avant toute utilisation en sélection.

Une étude publiée le 8 septembre 2026 dans Animal Genetics ne retrouve aucune association entre la maladie valvulaire mitrale (MMVD) du Cavalier King Charles et les variants proches du gène NEBL étudiés jusqu'ici, dont l'un fait l'objet d'un test génétique commercial. Elle met en avant deux autres signaux génétiques, encore à valider.

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L'étude en bref

Des équipes de l'Université de Copenhague et de l'Université suédoise des sciences agricoles ont séquencé le génome de 9 cavaliers atteints de MMVD précoce et de 10 témoins de plus de 8 ans. Les variants retenus ont ensuite été testés chez 250 cavaliers danois et suédois : 117 atteints et 133 témoins.

NEBL : aucune association dans cette cohorte

Quatre variants proches de NEBL, proposés auparavant comme marqueurs de risque, n'étaient pas associés à la MMVD dans cette cohorte.

Comme l'allèle de référence est très rare dans la race, avec une fréquence comprise entre environ 4 et 7 %, les auteurs estiment cependant que d'autres études restent nécessaires.

Une étude publiée en janvier 2026 portant sur 370 Cavaliers destinés à la reproduction avait déjà conclu que la sélection fondée uniquement sur l'allèle sauvage de NEBL ne devait pas être menée isolément : aucun chien n'était homozygote pour cet allèle et seulement 10 sur 370 étaient hétérozygotes, ce qui réduirait fortement le nombre de reproducteurs disponibles et pourrait accentuer le goulot d'étranglement génétique de la race.

Les données disponibles en 2026 ne permettent donc pas de considérer le génotypage NEBL comme un outil suffisamment validé, à lui seul, pour prédire la MMVD ou orienter fortement une décision de sélection.

Deux nouveaux signaux génétiques

  • Une insertion de 39 paires de bases dans LMOD2, un gène impliqué dans le fonctionnement du muscle cardiaque, constitue l'un des signaux statistiques les plus forts de l'étude. Le génotype homozygote associé au risque est retrouvé chez 66 % des cavaliers atteints contre 33 % des témoins. Cette insertion est toutefois en fort déséquilibre de liaison avec deux variants voisins : on ne sait donc pas encore lequel de ces variants joue réellement un rôle causal.
  • Une mutation dans un ARN long non codant (lncRNA) situé sur le chromosome 13 est également fortement associée à la maladie, mais sa fonction biologique reste à élucider.

Lorsque certains génotypes associés au risque pour ces deux marqueurs sont présents simultanément, les odds ratios observés peuvent atteindre environ 52.

Ce chiffre doit être interprété avec beaucoup de prudence. L'intervalle de confiance va de 8,8 à plus de 1 000, ce qui traduit une estimation très imprécise. Il indique une forte association dans cette cohorte, mais ne signifie pas qu'un chien donné a « 52 fois plus de risque » de développer la maladie.

Pourquoi ce n'est pas encore un test prédictif

  • Environ un tiers des cavaliers témoins âgés de plus de 8 ans présentent déjà le génotype homozygote associé au risque pour le marqueur LMOD2. Il s'agit donc d'un marqueur de susceptibilité, et non d'un verdict « malade ou sain ».
  • Les résultats n'ont pas encore été reproduits dans une cohorte indépendante.
  • La fonction exacte des variants reste à démontrer.
  • Plusieurs variants sont transmis ensemble, ce qui empêche encore d'identifier avec certitude celui qui est biologiquement responsable de l'association.
  • Les auteurs rappellent qu'une forte pression de sélection exercée sur un seul caractère génétique doit être mise en balance avec la taille de la population efficace et le risque de consanguinité, dans une race à faible diversité génétique.

Les auteurs considèrent néanmoins que, si ces résultats sont confirmés dans une population indépendante, ces marqueurs pourraient à terme contribuer à des programmes de sélection visant à réduire la fréquence de la MMVD.

Ce que cela change pour l'élevage

Aujourd'hui, aucun test ADN ne permet de prédire avec certitude si un Cavalier King Charles développera ou non une MMVD. Pour savoir comment lire un résultat ADN et quelle place lui accorder dans une décision d'accouplement, voir notre page sur les tests génétiques du Cavalier King Charles.

La surveillance cardiologique des reproducteurs reste donc essentielle, notamment par l'auscultation (voir comprendre le souffle cardiaque) et l'échocardiographie.

Cette approche a déjà montré son intérêt. Au Danemark, dans le programme obligatoire du Kennel Club danois, les chiens dont les deux parents avaient été approuvés par le programme présentaient, en 2010-2011, des odds de souffle de régurgitation mitrale 73 % plus faibles que les chiens examinés en 2002-2003. Aucune différence n'était observée pour les chiens dont au moins un parent avait un statut cardiaque inconnu (Birkegård et al., 2016).

À retenir

Une association génétique forte n'est pas automatiquement un test prédictif.

L'étude de 2026 ne confirme pas l'association entre les variants NEBL étudiés et la MMVD dans cette cohorte de Cavalier King Charles. Elle identifie en revanche de nouvelles associations impliquant notamment LMOD2 et un ARN long non codant, qui devront encore être reproduites et mieux comprises avant de pouvoir guider de façon fiable les décisions de sélection.

La recherche avance : nous suivrons la validation de ces nouveaux signaux.

Sources :

  • Olsen LH et al. A Combination of Alleles in LMOD2 and a lncRNA is Strongly Associated With Myxomatous Mitral Valve Disease in Cavalier King Charles Spaniels. Animal Genetics. 2026;57(5):e70200. DOI : 10.1002/age.70200.
  • Melis C, Wade C, Rozendom C, van Steenbeek FG, Beijerink NJ. Evaluation of the Prevalence of Genetic Variants at the Nebulette Locus in Cavalier King Charles Spaniels. Animals. 2026;16(2):298. DOI : 10.3390/ani16020298.
  • Birkegård AC, Reimann MJ, Martinussen T, Häggström J, Pedersen HD, Olsen LH. Breeding Restrictions Decrease the Prevalence of Myxomatous Mitral Valve Disease in Cavalier King Charles Spaniels over an 8- to 10-Year Period. J Vet Intern Med. 2016;30:63-68. DOI : 10.1111/jvim.13663.